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L’empire des villes : l’espace urbain comme nouveau chantier de l’histoire impériale, projets, axes de recherche, perspectives

Du 28/04/2022 au 29/04/2022 · Rome, Istituto Svizzero di Roma et École française de Rome

Comité d’organisation : Francesco Dendena (Università della Svizzera Italiana), Adrián Fernández Almoguera (École française de Rome), Chiara Lucrezio Monticelli (Università Roma 2 Tor Vergata)

L’historiographie des trente dernières années montre un changement épistémologique qui a touché les études sur la période révolutionnaire et napoléonienne, faisant de l’espace urbain un observatoire privilégié des transformations typiques de la transition du XIXe siècle que Christopher Bayly a définie comme la « naissance du monde moderne ».

De Michael Broers à Christophe Charle, en passant par les derniers travaux de Maria Pia Donato et de Chiara Lucrezio Monticelli sur Rome, un consensus historiographique et méthodologique semble se dessiner sans ambiguïté sur le fait que, construite à coups de baïonnettes et de décrets, l’hégémonie française sur l’Europe trouve ensuite dans l’univers urbain son espace de réalisation et de consolidation (incomplète), le lieu où, si d’un côté le nouveau régime élabore ses propres instruments pour gouverner le réel et pour affirmer son ambition de devenir l’horizon d’attente collectif des Nations qu’il est appelé à gouverner, de l’autre il se heurte à une réalité sociale et institutionnelle qui l’oblige à changer, à adapter dialectiquement et pragmatiquement ses projets.

De ce point de vue, on comprend pourquoi l’espace urbain est devenu le prisme épistémologique à travers lequel observer le processus de construction du système impérial et plus encore la redéfinition des équilibres géopolitiques et culturels qui concernent l’Europe du siècle des Révolutions, au point que l’on peut parler de l’affirmation d’un nouveau paradigme interprétatif, qui ne manque pas d’avoir des accents et des reflets contemporains. Dans le cadre du processus de construction européenne supranationale, les villes ne viennent-elles pas en effet, une fois encore, constituer le laboratoire d’une modernité, contestée ou désirable ?

Partant de ces présupposés, les promoteurs de la rencontre souhaitent organiser une discussion entre quelques chercheurs et chercheuses protagonistes de ce renouvellement historiographique, en leur demandant d’examiner le lien entre les modèles urbains, reconceptualisés dans l’optique évoquée, et le projet impérial, réinterprété par la plus récente Imperial History. Par ailleurs, les histoires si diversifiées des villes italiennes, confrontées à d’autres réalités urbaines européennes, mettent en lumière la centralité, dans l’analyse de l’expérience napoléonienne, des tensions politico-idéologiques entre Empire-building et nationalisme, sur lesquelles se greffe le rôle des municipalités. C’est sur la relecture interconnectée de ce jeu d’échelles (impériale, nationale, municipale), qui trouve dans la dimension urbaine une élaboration décisive (discursive, monumentale, symbolique), que l’on entend insister, en faisant dialoguer les nouvelles frontières de l’historiographie impériale avec les chantiers de recherche sur les capitales napoléoniennes.

Le financement de la journée est assuré par la participation conjointe de l’Istituto Svizzero di Roma, de l’École française de Rome et par les fonds du projet FNS Sinergia n° 177286 dirigé par la professeure Letizia Tedeschi, directrice de l’Archivio del Moderno à l’Università della Svizzera Italiana.

Les deux journées seront retransmises en direct. Les personnes intéressées peuvent s’adresser aux organisateurs pour recevoir les données de connexion :

Contacts : francesco.dendena@gmail.com, chiara.lucrezio@gmail.com

télécharger le programme

Image : Anonyme, Plan topographique de la ville de Rome, c. 1810, France, Coll. Part.