Portrait de Romain Loriol

Romain
Loriol

Arrivée 01/09/2016 | En cours
Section scientifique Antiquité
Domaine de recherche Histoire

Projet de recherche à l’École française de Rome

Thèse de doctorat

Lire et écrire les signes divins. Recherches sur la divination romaine à travers l’historiographie impériale, dir. Bruno Bureau, Lyon 3, soutenue en 2016.
Si la croyance aux signes divins a un caractère rationnel, attesté par l’existence à Rome de savoirs et de procédures divinatoires très élaborés, cette rationalité est également sensible dans les récits de signes. L’objectif de mon travail était de montrer que la narration d’un signe divin, sous une apparence factuelle et souvent laconique, traduit et met en œuvre le raisonnement divinatoire des Romains. Un signe divin ne peut en effet être reconnu, interprété, discuté qu’à condition d’avoir été verbalisé. Puisqu’un signe est toujours mis en mots, la posture d’un sénateur devant un prodige qui lui est annoncé, celle d’un simple particulier face à un présage et celle d’un lecteur vis-à-vis du signe qu’il lit ou entend raconter sont similaires : ils reconnaissent et interprètent un signe à partir de sa traduction verbale. Ce que l’étude du récit de signes éclaire alors, ce sont les enjeux de cette mise en mots et de sa réception : les critères de reconnaissance d’un signe ; les opérations d’interprétation de son sens ; les conditions dans lesquelles un signe peut être chargé d’une signification politique, morale, voire d’un sous-texte comique ; enfin, les potentialités esthétiques propres au récit de signe. Déployer ces strates de sens, en dégageant la structure fonctionnelle d’un signe, fait percevoir en quoi la divination est essentiellement un art de lire et d’écrire les signes divins.

Projets de recherche post-doctoraux

  • Mes recherches pos-doctorales portent sur le rôle de la divination et des signes divins dans les religions de l’Antiquité tardive, en particulier dans l’articulation entre culte traditionnel et religion chrétienne. La problématique spatiale est un des axes majeurs de ce projet. Il s’agit de comprendre la manière dont l’espace religieux, matériel et figuré, de la ville de Rome aux IVe et Ve siècles de notre ère est dessiné ou redessiné par les signes divins, c’est-à-dire un ensemble solidaire de pratiques rituelles et de discours, prophétique et symbolique. La finalité est double : souligner l’importance fondamentale du lieu dans la compréhension romaine des signes divins, et étudier sous un prisme original les différentes formes de frictions (partage, réappropriation, concurrence, conflit) entre groupes religieux dans la Rome tardive.
  • Un projet parallèle, initié en 2015 en collaboration avec Marie Ledentu (Lyon 3), porte sur les pratiques catalogiques dans l’Antiquité – une thématique que j’ai explorée dans le cadre de la thèse à travers les listes de prodiges. Il s’agit de réévaluer, dans une perspective effectivement transdisciplinaire, les valeurs pragmatiques et esthétiques des catalogues, à partir de l’hypothèse de travail suivante : la forme liste, extrêmement utilisée dans l’Antiquité, traduit de manière privilégiée une certaine épistémè des Anciens, c’est-à-dire une façon antique de concevoir et de construire le savoir, la croyance ou le rapport à la vérité. Le volet collectif du projet est appuyé par l’UMR 5189 HiSoMA. Deux rencontres, intitulées Interpréter la liste dans l’Antiquité gréco-romaine. Questions méthodologiques autour d’une forme, ont lieu en août 2016 et février 2017. 

Domaines de recherche

  • Histoire de la religion romaine
  • Divination et signes divins dans la Rome impériale et tardive
  • Approche spatiale du fait religieux
  • Listes et forme catalogique dans l’antiquité
Direction d’ouvrage
  • N. Lhostis, R. Loriol, C. Sarrazanas (éds.), Discours antiques sur la tradition. Formes et fonctions de l’ancien chez les Anciens, Collection du CEROR, 48, Lyon : CEROR, 2015.
Articles
  • [à paraître] « Tirage au sort et divination à Rome. Sur le problème de la participation divine », Tirage au sort et démocratie, Coll. Recherches, Paris : La découverte.
  • [à paraître] « Sons, prodiges et prémonitions à Rome. Ou comment un bruit devient signe », Actes de la Table ronde internationale De la cacophonie à la musique : la perception du son dans les sociétés antiques, École française d’Athènes, 12-14 juin 2014, Presse de l’IFAO, Le Caire.
  • « Stupeur et tremblements ? Les peurs des Romains devant les signes divins, sous la République et l’Empire », dans Peurs antiques, Sandrine Coin-Longeray et Daniel Vallat (éds.), Saint-Etienne : PUSE, 2016, p. 213-228.
  • « Maîtriser le prodigieux : stratégies comparées de la communication sur l’extraordinaire, entre Rome antique et Rome catholique », Revue-livre internationale Médiation Et Information, 38, 2014, p. 55-66.
  • « Les sens du signe : l’herméneutique divinatoire dans l’historiographie latine d’époque impériale », Etudes Romanes de Brno, 35, 1, 2014, p. 105-122.
 Enseignements

  • 2015-2016 : ATER à l’Université Lumière – Lyon II.
  • 2011-2014 : Doctorant contractuel à l’Université Jean Moulin – Lyon III.
  • TD Langue et littérature anciennes pour spécialistes et non-spécialistes, L1, L2, L3.
  • TD Version et commentaire de langue latine, M1.
  • TD Méthodologie universitaire, L1.
  • CM Enseignements thématiques : Histoire religieuse de Rome, Histoire culturelle de l’Antiquité, L1-L2.
  • CM Hors programme latin, Capes et Agrégation.